Spécial dépression

SPECIAL DEPRESSION

Deux pathologies souvent associées:

la dépression est une pathologie fréquente en cas de maladie chronique, et particulièrement

au cours de la SEP. Elle toucherait 40°/° des patients dont la maladie évolue depuis moins de

2 ans, et plus de 15°/° des patients chez qui elle évolue depuis plus de 6 ans.

Tristesse, sentiment de culpabilité, de dévalorisation, perte de plaisir, fatigue, repli sur soi, certaines

modifications du caractère comme une plus grande irritabilité des troubles cognitfs comme une plus

grande difficulté à prendre une décision, à se concentrer...en sont les principaux symptômes, mais ce

sont des symptômes qui peuvent être attribués à la SEP comme à la dépression.

La dépréssion n'est pas une maladie honteuse, une faiblesse de caractère. Les symptômes décrits plus

haut doivent vous amener à consulter votre neurologue afin qu'il les analyse et vous propose la prise en

charge la mieux adapée.

La SEP représente à certains moments des épreuves difficiles à surmonter. Ces épreuves peuvent entraîner

une dépression, notamment lors de l'annonce du diagnostic ou au moment d'une poussée.

Le message clé est que cette dépression doit être prise en charge pour elle-même.

l'annonce du diagnostic :

Pour certains, l'annonce du diagnostic de SEP veut dire que rien ne sera plus comme avant.

L'illusion d'être invincible disparaît d'un coup, surtout chez les personnes jeunes et jusqu'-là en bonne santé.

C'est alors un véritable traumatisme qui peut entraîner plusieurs types de réactions psychologiques.

Certains ne veulent pas y croire, d'autres vont se sentir en sursis et voudront dévorer la vie, enfin certaines

personnnes peuvent se sentir dévastées, perdre leur ressort, l'espoir dans la vie, voire leur envie de vivre.

Ce sont alors des idées négatives qui se bousculent, le sentiment que le futur est noir, dominé par l'idée du

handicap et de la dépendance, la peur d'être une charge pour les autres.

Le traitement :

Plus tard au cours de la maladie, le traitement qui est à prendre régulièrement, vient sans cesse rappeler

"que l'on est malade".

Certaines personnes considèrent comme injuste de devoir poursuivre le traitement alors qu'elles n'ont plus

aucun symptôme à l'issue d'une poussée. Ce sentiment peut les conduire au découragement et les amener

à cesser le traitement .

Les poussées :

D'autres moments peuvent être très difficiles, en particulier quand l'évolution de la maladie oblige parfois à

renoncer à certaines choses comme le sport, les balades, et parfois même le travail. Il faut alors savoir, malgré

les difficultés, réorganiser ses centres d'intérêt, et conserver l'estime de soi. C'est ce que parvient à faire MT qui

dit dans son témoigange :"je me sentais inutile, mais maintenant j'ose montrer ce que je sais faire, je me fais même

connaître par mon talent créatf dans la broderie, la couture...".

 Par ailleurs, la pensée de devenir une charge pour ses proches peut entraîner un sentiment de culpabilité dévastatrice.

D'autres patients sont conduits à la dépression parce qu'ils se sentent injustement rejetés par leurs amis, voire par leurs

proches et s'isolent dans la solitude. LR dit clairement "j'étais critque vis- à- vis de moi-même, je me sentais coupable,je

pensais que j'étais un fardeau pour ma famille". GG explique qu'il n'osait pas avouer à son épouse qu'il se sentait déprimé.

Ces rupture affectives, ressenties comme une perte, un abandon, peuvent devenir particulièrement éprouvantes.

L'idée de mettre fin à ses jours peut être évoquée :"j'avais une seule idée en tête, ne plus vivre" dit LR. Là encore,

l'important est d'arriver à faire part à quelqu'un de son ressenti.

D'autres symptômes peuvent aussi être des signes de dépression comme l'apparition d'angoisse, une fatigue encore plus

importante que d'habitude, une iritabilité, des troubles du sommeil LR explique avoir ressenti une  tension interne extrême".

MT décrit un sentiment de fatigue, d'être "sans ressources" et s'être demandé avec son neurologue si ces symptômes

étaient à mettre sur le comtpte de la SEP ou de la dépression.

Il faut soigner la dèpression :

Ces symptômes de dépression doivent inciter à se soigner. Il existe maintenant des médicaments antidépresseurs

extrêmement bien tolérés, qui sont efficaces en quelques semaines et qui devront être pris pendant quelques mois.

D'autre part, le fait de parler à quelqu'un de son ressenti vis-à-vis de la maladie peut également permettre de soigner

une dépression débutante. Une prise en charge en psychothérapie de façon même brève, peut être extrêmement utile.

Les techniques de détente, qui permettent de se réconcilier avec son corps comme les massages, la relaxation, la

sophrologie, peuvent également avoir leur utilité, comme l'expriment SB et LR.

A ce titre, les  prises en charge pluridisciplinaires sont d'un intérêt tout particulier.

Enfin,  il faut se remettre à des activités qui font plaisir : MT parle de couture, GG écoute la radio... et surtout,

il ne faut pas s'isoler.

par le Docteur Françoise RADAT, psychiatre au CHU Pellegrin à Bordeaux

LES TEMOIGNAGES :

"à force de dire que "tout va bien" un jour le bouchon de la cocotte a sauté. Tristesse, fatigue, désarroi, réveil

et larmes à 2 heures du matin, sentiment que je n'avais personne pour me comprendre...la solution n'est venue

que lors de mon premier séjour en centre de rééducation. Je devrais plutôt dire "les"solutions. En effet, j'ai

surmonté ma dépression grâce à l'approche multidisciplinaire mise en place par l'équipe de soignants spécialisés

dans la SEP : psychologue, kinésithérapeute, ergothérapeute m'ont donné plein d'occasions de parler, et de parler

de choses différentes. Mon conseil pour relâcher la pression : créer ou saisir toutes les occasions de parler avec les

gens, de métiers différents, de centres d'intérêt différents

SB (33)

"être fatiguée sans rien faire, avoir du mal à se lever le matin, avoir moins envie de contacts sociaux, ne plus trouver

les ressources pour faire face à un avenir incertain : ces troubles étaient-ils dus à la SEP ou à une dépression? je me

posais la question d'autant plus que je n'avais pas de poussées.  Mon neurolgue n'a pas souhaité y répondre et m'a

conseillé de me concentrer sur la vie au jour le jour. Il m'a très vite orienté vers un psychatre avec un objectif précis :

m'aider à mieux gérer mes émotions, à mieux chasser mes pensées négatives, je me sentais inutile, mais maintenant

j'ose montrer ce que je sais faire et je me fais même connaître par mon talent créatif dans la broderie aux points comptés

et la couture pour l'ameublement."

MT (16)

"Je ressentais une tension interne extrême, j'étais envahie par un sentiment de révolte. Je m'en prenais à mon entourage,

tout en me rendant compte que j'avais tort de m'énerver. J'étais critique vis-à-vis de moi-même, je me sentais coupable,

je pensais que j'étais un fardeau pour ma famille. Je suis devenue très dépressive 2 ans après l'annonce du diagnostic,

avec une seule idée en tête, ne plus vivre. Antidépresseurs, psychothérapie et soprhologie m'on aidée à m'en sortir : j'ai

appris à temporiser, à mieux adapter mes réponses et je me sens beucoups plus calme aujourd'hui."

LR (31)

"Il n'y a pas que la SEP à soigner ! pour faire face, pour éviter la dépression, toutes les idées sont bonnes. Il s'agit de

garder une ouverture sur l'extérieur. Il faut le vouloir malgré les efforts que cela demande parfois ! Voici un exemple tout

simple, mais efficace, je me réveillais la nuit avec le coeur serré et les idées noires ; je n'osais pas avouer à ma femme

que je me sentais de plus en plus déprimé, mais j'ai surmonté ce problème et je lui ai dit qu'il fallait que je trouve une

solution pour la nuit. J'ai donc acheté des mini-écouteurs pour écouter la radio la nuit sans réveiller mon épouse. Cela

me permet de me détendre, de mettre en sommeil mes idées noires... le temps de me rendormir très vite."

 GG (80)

DONNEES MEDICALES par le Docteur Jean-Christophe OUALLET service neurologie CHU Pellegrin à Bordeaux

La dépression est fréquente au cours de la SEP

On estime que près de la moitié des patients seront touchés par une dépression à un moment ou à un autre de l'évolution

de la SEP.

Chaque année, le nombre de patients atteints de dépression est deux fois plus important parmi les personnes atteintes de

SEP (10 à 25 °/°) que parmi les sujets non malades.

Les signes permettant de penser à une dépression

Les pricipaux signes sont les suivants : renfermement sur soi, perte de l'initiative et réduction des activités personnelles,

sentiment de souffrance psychologique, idées "noires" voire suicidaires, sentiment profond de tristesse, perte de goût et

d'intérêt pour ce que l'on aimait auparavant, sentiment de culpabilité et de dévalorsiation, fatigue et troubles de l'attention,

troubles du sommeil et de l'appétit...

Des facteurs "extérieurs" peuvent être à l'origine d'une dépression dite "réactionnelle"

Ces facteurs peuvent se combiner et destabiliser le patient car ils mettent à l'épreuve ses systèmes de défense psychologique

* l'annonce du dignostic de la SEP est notamment une priode difficile à surmonter car elle remet en cause les projets de vie

* les difficultés sont parfois liées aux symptômes de la SEP : particulièrement la fatigue qui est trés fréquente, les douleurs,

les toubles de la marche et de l'équilibre, un déficit visuel, une difficulté à se concentrer, des troubles urinaires gênants, une

perte de la libido et de l'équilibre des relations sexuelles dans le couple...

* La maladie et ses symptômes peuvent déprécier l'image de soi, le regard des autres peut être blessant et difficile à accepter.

* Tout cela peut retentir sur les relations sociales. La fatigue en particulier est un symptôme "qui ne se voit pas" et perturbe les

activités quotidiennes. Elle peut être mal comprise par les autres, au travail ou au domicile et faire l'objet de remarques déplacées.

* Les patients appréhendent parfois les effets secondaires des traitements prescits. Certains immunomodulateurs, même s'ils ne

semblent pas entraîner par eux-mêmes une dépression, pourraient néammoins fragiliser certains patients en favorisant une

instabilité de l'humeur.

Certains facteurs "endogènes" pourraient être à l'origine de la dépression

Les études montrent que la dépression est plus fréquente dans la SEP que dans d'autres maladies entraînant un même niveau de

handicap, comme les maladies orthopédiques et rhumatismales par exemple. Cela suggère qu'il existerait aussi des phénomènes

neuroliques propres à la maladie pouvant, chez  certains patients, favoriser l'apparition d'une dépression dite "endogéne". Ces

phénomènes neurologiques seraient donc indépendants de facteurs"extérieurs", par opposition au mécanisme de la dépression

"réactionnelle"

Que faut-il faire face à une dépression ?

Il est necessaire de reconnaître les symptômes et d'accepter de se faire aider et soigner. Si la dépression est avérée, un traitement

médicamenteux antidépresseur est necessaire, et devra être correctement suivi plusieurs mois avant d'être éventuellement diminué

progressivement. L'arrêt brutal ou prématuré est formellement déconseillé et peut entraîner une rechute. Un suivi par un professionnel

psychiatre est le plus souvent recommandé avec un soutien spychologique. Soutien et conseils appropriés peuvent également être

apportés par les réseaux de soins dédiés à la SEP dans lesquels des infirmières, des psychologues ou des assistantes sociales peuvent

aider à résoudre les difficultés. Une psychothérapie de soutien ou cognitivo-comportementale paraît préférable à une thérapie introspective

ou analytique. La rupture de l'isolement, la reprise ou la poursuite des activités et des projets sont conseillés. Des groupes de parole et des

rencontres avec d'autres personnes atteintes ou non de la maladie peuvent aussi aider .

 

 

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