Vaccination et SEP

Vaccination et SEP

Que faut-il penser de la vaccination contre l'hépatite B ?

La publication régulière d'articles concernant la vaccination contre l'hépatite B et la sclérose en plaques suscite de graves préoccupations aussi bien chez les patients atteints de de la maladie que dans la population générale.

Les neurologues et les pédiatres, en particulier, sont assaillis de questions et de remises en cause sur ce sujet. Voici quelques informations sur le sujet.
L'AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) a fait un travail de synthèse dans le cadre d'une réflexion collective et validée. Les conclusions sont, d'un point de vue épidémiologique, sans ambigüité : il n'y a pas d'augmentation du risque de développer une sclérose en plaques après une vaccination contre l'hépatite B.
Compte tenu des nombreux travaux réalisés depuis une quinzaine d'années sur ce sujet, l'ensemble des résultats converge vers une absence de relation. Il n'existe donc pas aujourd'hui d'argument épidémio-logique pour contre-indiquer la vaccination contre l'hépatite B dans la population générale et ce quelque soit l'âge de la personne. Cette position est endossée par l'AFSSAPS et par de multiples autres organismes dont la MSIF (Fédération Internationale de SEP).
A ce jour, aucune étude scientifique n'a démontré une augmentation du risque de sclérose en plaques après vaccination contre l'hépatite B chez les apparentés des familles de malades atteints de SEP. Il faut cependant reconnaitre que cela n'a pas encore pu être étudié de façon spécifique et approfondie, car il s'agit d'un projet particulièrement difficile à réaliser. Cependant, les quelques données observationnelles disponibles sur ce sujet sont rassurantes.

En conclusion, il faut noter qu'en fonction des connaissances actuelles, étayées par de nombreuses études, le résultat principal à retenir est qu'il n'y a pas, à l'échelle des populations et d'un point de vue statistique, d'augmentation de risque de développer une SEP ou une pathologie apparentée à la suite d'une vaccination contre l'hépatite B, cela dans la population générale, mais aussi chez les nourrissons et dans les familles de malades atteints de sclérose en plaques.
Cependant, il faut comprendre que l'étude des populations et les statistiques sont une chose, les cas individuels en sont une autre. Des coïncidences troublantes, avec une relation chronologique indiscutable entre vaccination contre l'hépatite B et début d'une SEP ou d'un tableau apparenté ont été observées. Toutefois, elles n'apportent pas la preuve d'une causalité. Ces cas troublants restent très exceptionnels et en l'état actuel des connaissances, ils ne remettent pas en cause le résultat principal des analyses statistiques de populations, c'est à dire l'absence de relation entre vaccination contre l'hépatite B et la SEP ou les syndromes apparentés. C'est donc cette conclusion qui doit être retenue.
Par ailleurs, n'oublions pas que l'hépatite B est une maladie très grave qui peut aboutir à des cas d'hépatite fulminante mortelle, de cirrhose hépatique, de cancer du foie ... Il est donc primordial de prendre en compte le bénéfice/risque de la vaccination contre l'hépatite B pour chaque personne individuellement. Une discussion spécifique avec le médecin traitant et/ou le neurologue peut être faite afin de déterminer l'intérêt personnel de l'individu.


Professeur Christian Confavreux, membre du comité scientifique de la Fondation ARSEP

 


Pr Christian Confavreux
membre du CMS de la Fondation ARSEP
Serv. de Neurologie
Hôpital neurologique
de Lyon

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