VITAMINE D et SEP

Vitamine D et SEP

VITAMINE D et SEP par le Professeur Gilles DEFER

Chef du service de Neurologie, CHU de la Côte de Nacre, CAEN

 

Ces derniéres années, différentes études se sont intéressées au rôle de la vitamine D sur l'évolution

de la SEP

Parmi les facteurs environnementaux impliqués dans la survenue de la SEP, l'ensoleillement qui permet

la synthèse de la vitamine D dans l'organisme, joue un rôle trés important.

Globalement, la SEP est plus fréquente au nord et au sud des 40émes parallèles qui  constituent les limites

au -delà desquelles l'ensoleillement annuel total ne peut parfois représenter qu'une demi-année.

Il existe une corrélation inverse entre la prévalence de la SEP et le taux annuel d'UV-B

reçu qui représente la principale source de vitamine D.

La seconde source est alimentaire et proportionnellement beaucoup plus faible, en l'absence

d'enrichissement.

Les besoins quotidiens en vitamine D sont évalués à 2000 Ul/j, seuil adéquat au-delà  duquel les fonctions

essentielles de cette vitamine, en particulier sur le métabolisme calcique et osseux semblent remplies.

Malheureusement, l'alimentation, même riche en huile de poisson ou enrichie en vitamines, n'apporte au maximum

que quelques 90°/° des besoins.

La pigmentation cutanée, l'âge, l'utilisation de produits protecteurs, les habitudes vestimentaires, les facteurs climatiques et la

pollution sont de multiples facteurs réduisant significativement cette production cutanée et expliquant pour partie

l'insuffisance en vitamine D observée dans nombre de populations occidentales.

De fait le spatients SEP et  plus probablement ceux vivant dans des zones peu ensoleillées,

n'échappent pas au constat d'une insuffisance voir d'une carence en vitamine D.

Or, il existe aujourd'hui de multiples arguments épidémiologiques, immunologiques et cliniques suggérant que la carence

en vitamine D doit être recherchée en raison  d'une probable interaction à 2 niveaux :

* celui d'un facteur de risque vis-à-vis du développement de la maladie

* celui d'un facteur éventuellement corrigeable d'activité et de progression de la maladie

Parmi les raisons pour lesquelles le lien entre déficit en vitamine D et risque de SEP est suspecté,

l'augmentation de la fréquence de la maladie dans les pays/régions où la quantité et la durée d'exposition solaire

est moindre, ainsi qu'une réduction du risque lors d'une  migration d'une région faiblement ensoleillée vers une région

fortement ensoleillée sont les plus convaincantes.

Toutefois, de nombreuses incertitudes persistent sur le niveau et la période de risque 

potentiellement les plus importants d'une éventuelle insuffisance en vitamine (in utéro, enfance et/ou adolescence)

et sur la durée nécessaire d'exposition à ce déficit (années, décennies)

L'administration de vitamine D même à forte dose est dénuée de risque à partir du moment où la calcémie 

et la fonction rénale sont normales et contrôlées réguliérement.

Aujourd'hui, il est donc légitiment quel que soit le type de SEP,  le lieu de vie et les habitudes vis-à-vis des activités

extérieures, de rechercher une insuffisance ou une carence en vitamine D.

Si elle existe, il parait souhaitable d'y remédier même si le bénéfice neurologique à court ou long terme n'est pas formellement

démontré; ne serait-ce que pour permettre au patient de bénéficier des autres effets positifs (sur le plan osseux ou cardio-vasculaire)

de la normalisation du taux sanguin de cette vitamine.

 

 

 

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